Réforme de la Coupe Davis: la fédé doit prendre ses responsabilités

Après André Stein, David Goffin et Steve Darcis, c’est Johan Van Herck qui a pris position sur la réforme de la Coupe Davis envisagée l’an prochain par l’ITF. Une réforme à laquelle il est opposé. « Cette proposition n’est PAS la solution », dit-il sur Instagram.

« Oui aux changements, mais gardons l’esprit, l’âme de cette magnifique compétition, la Coupe Davis! », écrit encore le capitaine belge.

Voilà qui est donc clair: le président de la fédération indique dans un premier temps qu’il ne veut pas de la réforme, Monsieur Coupe Davis (Steve Darcis) est contre aussi et le capitaine également.

Il n’y aurait donc que David Goffin qui serait pour. Nous utilisons ici le conditionnel car il ne l’a pas dit lui-même. Il n’en demeure pas moins que c’est après l’avoir entendu, qu’André Stein a revu sa position et affimé: « Nous ne pourrons nous prononcer que lorsque nous connaîtrons l’ensemble des conditions du projet, notamment au niveau du retour financier. C’est dans six mois, ça nous laisse le temps de la réflexion mais le fait d’avoir jeté un pavé dans la mare va peut-être permettre de faire réfléchir à une proposition intermédiaire. »

L’argument d’André Stein est qu’on ne serait pas plus avancé avec une formule où on jouerait effectivement des matches en Belgique mais sans David Goffin parce que celui-ci estimerait son programme trop chargé.

Dans un premier temps, le président fédéral avait pourtant affirmé qu’il n’était pas nécessaire de consulter les joueurs. Et nous étions d’accord avec lui. Pas qu’ils n’aient pas leur mot à dire, comme tout le monde, mais la décision qui sera prise en août va impliquer un changement à très long terme. Autrement dit: les joueurs passeront et la formule, elle, restera. Le forfait de David pour les quarts de finale à Nashville prouve d’ailleurs toute la fragilité de l’argument du choix des joueurs.

C’est pour prendre ce genre de décision stratégique qu’on élit des représentants fédéraux. Si ceux-ci estiment que la nouvelle formule amènera une mane financière irréfutable et de nature à sacrifier la passion des supporters (qui ne sont pas toujours assez nombreux, il faut bien le reconnaître), c’est leur choix et il leur appartiendra d’en répondre lors d’une future élection. Mais se retrancher derrière l’opinion d’un joueur, fut-il David Goffin, pour justifier un vote, ce n’est pas crédible.